Au premier voyage on découvre, au second on s'enrichit

Proverbe Touareg

Nous en sommes à notre septième passage dans les îles dalmates (croates), tentés de retrouver les escales aimées au cours des précédentes croisières, mais  désireux de découvrir de nouvelles perles.

Face à l'embouchure de la Krka, près de Sibenik, il y a un archipel composé d'îles habitées alternant étrangement avec des îles désertes.

Pourquoi certaines îles sont des mamelons sauvages pelés, battus par la bora (le vent du nord de l'Adriatique), craquelés comme une peau desséchée de dinosaure avec quelques touffes d'herbe épineuse, alors que d'autres sont de verts jardins d'Eden ?

Il semblerait que des terres aient été réservées à l'élevage de moutons et de chèvres qui auraient tondu la végétation au fil des siècles, les troncs d'arbres finissant en mâts de bateaux. Aujourd'hui ce sont les plus beaux mouillages avec une eau transparente allant de l'outremer au turquoise près des rochers. On se croirait parfois dans un lagon.

Dans l'île voisine de Prvic, par contre, tout pousse. Délice de cheminer sur les sentiers bordés de murets de pierres sèches derrière lesquels embaument oliviers, figuiers, amandiers, et grenadiers alternant avec des forêts de pins. Nous en avons profité pendant un coup de vent qui amenait de gros orages. Les petits ports de pêche avec leurs maisons de pierre grise prenaient presque, sous la pluie, un air breton.

La petite distraction de mon capitaine est d'observer mi-compatissant mi-amusé les manoeuvres des voiliers arrivant au port en plein coup de vent qui tentent de s'amarrer au quai ou de prendre une bouée de corps-mort. Chacun son tour, nous le vivons aussi ! 

Scènes de ménage garanties quand Madame n'attrape pas la bouée du premier coup avec sa gaffe tandis que Monsieur aux commandes (forcément !) essaie de maintenir comme il peut le bateau dans les rafales.

Amarrages homériques quand plusieurs bateaux convergent de concert au quai, se mettent en travers et s'invectivent pour lancer leurs amarres les premiers ! Sauve qui peut, le fair play des yachtmen est de sortie !

Nous continuons notre descente vers la Grèce, choisissant en fonction de la météo changeante les abris adaptés pour la nuit, permettant baignade, croquis et si possible avitaillement.

Nous sommes ce soir à Brać, où nous ferons grâce à Robert et Nina, des amis américains installés à demeure en Croatie, notre plein d'huile d'olive - la plus fruitée que je connaisse - de miel et de bonnes bouteilles de vin local.

 

 

Castafiore, Orages sur Prvic et aquarelle lagon
Castafiore, Orages sur Prvic et aquarelle lagon
Castafiore, Orages sur Prvic et aquarelle lagon
Castafiore, Orages sur Prvic et aquarelle lagon
Castafiore, Orages sur Prvic et aquarelle lagon

Castafiore, Orages sur Prvic et aquarelle lagon

Capito, capitaine.

Mais où ranger le pinard dans un bateau à voile ?

En été, le jus de vigne du soir doit être frais pour l'apéro, c'est du blanc que l'on met au frigo. Enfin frigo, soyons modestes : quand on arrive à 12° on est déjà super content.

D'une part il fait si chaud que les isolations sont un peu justes pour garder le froid et surtout les compresseurs engloutissent une électricité (venue des batteries) très importante , donc je fais gaffe. Sinon ça oblige ensuite soit à naviguer au moteur pour que l'alternateur produisent ses ampères réparateurs, soit à démarrer le groupe électrogène.

Au moment de construire Castafiore, il y a déjà plus de 10 ans, la performance des panneaux solaires et la place qu'ils prennent avait conduit à choisir l'option groupe électrogène bien peu écolo mais compatible avec la climatisation qui fait office de chauffage, l'hiver à Venise l'a prouvé.

Je m'égare du vin à ranger à bord, mais du coup ça me donne l'idée de vous causer des hydrogénérateurs et du bimini rigide, panneaux solaires inclus. J'ai commencé ce mot parce que Dany me l'a demandé tendrement sans trop savoir ce que j'allais dire. Et là faut que je me contienne. On ne va pas en faire un roman non plus.

Or donc, il y a un endroit idoine pour garder les bouteilles dans un frais relatif sans frigo et sans risque de casse : les fonds. Si vous venez, je vous ouvrirai les tripes de la belle Bianca.

Vous verrez des joyaux de cépages, d'appellations, de couleurs, d'étiquettes et de bulles. A propos de bulles, je voudrais vous indiquer un must italien du côté de Brescia qui rivalise largement avec les bons champagnes : le Franciacorta. Essayez d'en trouver et on en recause vite. 

Avec des olives de Brać et du pain aux céréales, je vous dis pas.

( http://blog.millesima.fr/2013/03/14/franciacorta-bellavista-ricci-curbastro/ )

 

 

 

 

 

 

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